Le petit seigneur, Antonio Ferrara

Rêver sa vie n’est pas toujours une option et dépend parfois de sa naissance…

Tonino est un gamin comme tant d’autres, enfin, presque. Pour ses parents, l’école n’est pas une priorité, bien au contraire. A l’âge où les gamins apprennent et jouent comme des enfants, Tonino comme ses sœurs aident à faire fonctionner l’entreprise familiale. Et l’entreprise familiale n’a rien de banal. Enfin, peut-être l’est-elle finalement, puisque après tout on est à Naples, dans le pays où les mafieux règnent en maîtres.

Si les petites sœurs ont la dextérité voulue pour empaqueter les grammes de blanche, Tonino est, à treize ans à peine, déjà passé maître dans l’art du commerce de la neige. Vendre des doses au seuil de l’appartement ou dealer dans la rue, avec son revolver dans la poche, est devenu son ordinaire chaque jour à partir de dix-huit heures et jusque tard dans la nuit.

Impossible de se lever pour aller au collège. Pourtant, son professeur d’italien s’obstine, Tonino est un excellent élève qui rêve de devenir journaliste. Mais en bon napolitain, le père veille, et saura agir si nécessaire pour garder son fils dans l’entreprise. Car dans la ville de Naples, point de salut pour les enfants en dehors de la famille et du milieu.

Antonio Ferrara pointe du doigt ces milieux où les jeunes ont pour avenir celui que leur aînés leur ont assigné, sans possibilité de tracer leur route comme ils l’entendent. L’auteur le dit bien en exergue de son roman, avoir des rêves, des choix de vies, cela n’est pas donné à tous les enfants. Et ceux qui le dénoncent le payent souvent de leur vie.

Un livre jeunesse à faire lire à tous les adolescents mais qui peut aussi être lu par tous. Une lecture importante qui montre que la liberté et le rêve ne sont pas donnés à tous de façon semblable dans le monde, et pour reconnaître le privilège de recevoir une éducation familiale et scolaire enrichissante et égalitaire. l’écriture est agréable et l’on se met facilement dans la peau de Tonino, ses rêves, ses amitiés, ses doutes et ses désillusions.

Catalogue éditeur : Bayard

Tonino suit la voie que son père a tracée pour lui. Celle des seigneurs, pour qui les codes d’honneur sont une question de vie ou de mort.
Chaque soir, il descend sur la place. Adossé au mur, il attend les clients qui viennent lui acheter ses petits sachets.
La drogue, c’est une histoire de famille.
À treize ans, Tonino n’a peur de rien.
Sa vie lui convient telle qu’elle est. Remplie d’adrénaline.
De toute façon, il n’a pas le choix. Dans certains quartiers de Naples, le rêve n’est pas une option.
Pourtant, quand la loi du silence se brise, la nuit laisse aussi parfois entrevoir une lueur d’espoir.

À partir de 12 ans / Parution : 06/01/2021 / Prix : 12,90 € / Pages 144 / EAN 9791036304736

Le passeur, Stéphanie Coste

Passeur de rêves, passeur de vie, un roman bouleversant et indispensable

Ce sera la dernière traversée de l’année, ensuite, il faudra attendre le printemps. Aussi les candidats au départ sont-ils particulièrement nombreux, cantonnés sous de fortes chaleurs dans les entrepôts de Seyoum, sur la côte libyenne. Car loin d’être un voyage d’agrément, cette traversée est le dernier espoir de ceux qui tentent d’atteindre les côtes de l’Europe, et tout d’abord Lampedusa, pour quitter cette terre d’Afrique trop inhospitalière.

Ils ont payé le prix fort aux hommes qui les ont conduit jusque ici depuis l’Éthiopie, le Soudan ou l’Érythrée. Et Seyoum est comme tant d’autres, un passeur de vies. De ces hommes qui font fortune sur la misère des autres. Sans hésiter, il sait user de violence pour se faire respecter. Est-il sans pitié, cet homme qui s’enrichit sur la peur et le désespoir de ses congénères ? D’où viennent ces angoisses qu’il calme avec des doses de Khat et de gin dans cette chambre où il traîne sa misère dans la profondeur et la noirceur de la nuit.

Peu à peu, alors que le dernier chargement d’érythréens vient d’arriver, le passé de Seyoum se dévoile, sombre et meurtri. Car lui aussi est arrivé de ce pays voilà déjà dix ans. La vie familiale heureuse à Asmara, son amour naissant pour Madiha, puis la révolution, la peur, les arrestations et les exécutions, l’embrigadement dans les camps de travail, les tortures, et la fuite, seul. Il se nourrit aujourd’hui de son propre passé, de ses peurs les plus profondes, de ses plaies à vif qui se réveillent en cette ultime nuit.

En deux époques pour conter la vie et la misère de ses différents protagonistes, Libye 2015, Érythrée, de 1993 à 2005, Stéphanie Coste déroule une partie infime de l’histoire politique de l’Afrique. Le désespoir de ceux qui donnent tout, en prenant le risque assumé de perdre leur vie en mer, pour quitter leurs terres et vivre leur rêve de l’autre côté de la méditerranée. Cette mer devenue le tombeau de trop nombreux candidats à l’exil.

Une lecture particulièrement intéressante qui nous donne une vision depuis l’intérieur du monde des passeurs, de ces guerres d’intérêts financiers qui règnent sur les rives libyennes, pour amener jusqu’à nos côtes les migrants qui tentent de réaliser leurs rêves de vie meilleure. Mais lecture émouvante et dérangeante aussi quand elle nous présente des hommes qui ne sont pas des héros, ni totalement bons ni totalement mauvais. La malchance, le sort, le passé, le destin, sont venus se mettre en travers de leur route pour contrecarrer leurs rêves d’avenir et les obliger à en avoir d’autres, plus loin, plus compliqués, plus aléatoires. La détresse, la violence, l’espoir, sont là pour nous dire les drames qui se nouent à quelques encablures de nos côtes, pas bien loin de notre confort quotidien, confinés mais en toute sécurité.

En lisant Le passeur on ne peut s’empêcher de penser au roman magistral d’Olivier Norek Entre deux mondes mais aussi au court recueil de Khaled Hosseini publié pour venir en aide aux migrants Une prière à la mer

Catalogue éditeur : Gallimard

Quand on a fait, comme le dit Seyoum avec cynisme, « de l’espoir son fonds de commerce », qu’on est devenu l’un des plus gros passeurs de la côte libyenne, et qu’on a le cerveau dévoré par le khat et l’alcool, est-on encore capable d’humanité ?
C’est toute la question qui se pose lorsque arrive un énième convoi rempli de candidats désespérés à la traversée. Avec ce convoi particulier remonte soudain tout son passé : sa famille détruite par la dictature en Érythrée, l’embrigadement forcé dans le camp de Sawa, les scènes de torture, la fuite, l’emprisonnement, son amour perdu…
À travers les destins croisés de ces migrants et de leur bourreau, Stéphanie Coste dresse une grande fresque de l’histoire d’un continent meurtri. Son écriture d’une force inouïe, taillée à la serpe, dans un rythme haletant nous entraîne au plus profond de la folie des hommes.

136 pages, 140 x 205 mm / ISBN : 9782072904240 / Parution : 07-01-2021 / prix 12,50 €

Je te verrai dans mon rêve, Julie Bonnie

Même sans même sang… ou comment devenir père sans l’être vraiment

Une ville de province, quelque part au seuil des années 70. Gérard a trente ans, il vient de sortir de prison ; des années à galérer avec des potes pas très recommandables lui ont coûté dix ans de vie derrière les barreaux. À la sortie, il retrouve le café de ses parents aujourd’hui disparus, ce bien qu’a gardé pour lui Nana, la tante fidèle qui ne l’a jamais abandonné.

Nouvelle vie, nouveau prénom, c’est donc Blaise qui rénove le café pour le transformer et créer le lieu de ses rêves, un café concert pour les musiciens de jazz de la région.

Un matin, il croise une jeune femme. Josée a vingt ans et sa fille Nour quelques jours à peine. Josée dans laquelle il se retrouve, paumée, en marge, fragile et déjà bien abîmée par la vie. Car la galère, il connaît, et dans cette ville comme dans tant d’autres, les mauvaises fréquentations et les dangers ne sont jamais loin. Immédiatement, alors qu’il n’a jamais été père, Baise ressent une profonde affection pour ce tout petit bébé né de père inconnu.

L’auteur alterne les récits de Nour puis de Blaise. Nour que l’on voir grandir à la fois dans ses souvenirs et dans ceux de Blaise. Blaise qui s’est un peu trop assagit sans doute aux yeux d’une jeune fille de seize ans qui rêve d’émancipation, de modernité, d’un peu de folie. Ni Blaise ni Josée ne la voient devenir jeune fille puis presque femme, et ni l’un ni l’autre ne comprennent ses tourments et ses envies d’autre chose, d’ailleurs.

Ce que j’ai aimé ?

À l’heure où les romans nous parlent si souvent de relation toxiques ou bancales entre homme et femme, l’amour paternel aussi platonique qu’inconditionnel qu’éprouve Blaise pour Nour, cette relation qui apaise, qui aide à grandir nous fait du bien à nous aussi lecteurs.

La vie n’est ni simple ni linéaire. La rédemption de Blaise dont on devine le passé complexe à peine esquissé mais très habilement suggéré, les embûches les chausses trappes dans lesquelles tombe Josée, les hésitations et les erreurs de jeunesse de Nour sont aussi la vraie vie, celle des jeunes autour de nous, celle que l’on ne voit pas toujours. Mais il y a une telle force d’amour, d’émotion, de sincérité, que l’on ne peut qu’aimer les différents protagonistes, avec leurs défauts, leurs erreur, leurs faux-pas et leurs espoirs.

L’écriture est sobre, intimiste, réaliste aussi. On s’y laisse prendre et il en ressort à la fois douceur et sérénité à voir que l’on peut aussi croire en ces rêves qui parfois nous portent.

Du même auteur, javais lu et particulièrement aimé Barbara, roman, dont vous pouvez retrouver la chronique ici.

Catalogue éditeur : Grasset

1971. Tout juste sorti de prison, Gégé, dit Blaise, retrouve le bar familial dont il a hérité à la mort de son père. Son rêve  de toujours  : le transformer en café-concert pour en faire un rendez-vous incontournable de la scène jazz. Il se lance, résolu à faire bouger sa ville terne et sans âme.
Mais un bébé, la petite Nour, et sa mère défaillante arrivent par effraction dans sa vie solitaire. Blaise fait tout pour les garder à distance. Hanté par son passé, il craint plus que tout de s’attacher… Mais d’un regard, l’enfant fait tomber ses résistances, et il va désormais veiller sur elle à sa façon. Ce faux père la protège tant bien que mal, l’initie à la musique, lui offre sa première guitare et son premier concert. Il la regarde grandir, adolescente écorchée vive qui se brûle aux accidents de la vie, ceux qui menacent à coup sûr les gamines sans repères.
En ville règne une atmosphère de perdus, d’à quoi bon, alcoolisée et souvent brutale. Au milieu de tous les dangers, Nour chante. Et entre deux concerts de jazz mythiques dans le bar de Blaise, elle compose, pour fuir son enfance, tracer son destin, tenter de défier la mort.
Blaise, l’ancien taulard paumé et farouche, s’est mis à aimer. Et parce qu’il est la victime d’un secret de famille, il va tout faire pour sauver Nour. Jusqu’à la dernière page, nous respirons avec eux et tremblons pour eux. Romanesque, haletant, sensible et bouleversant.

Née à Tours, Julie Bonnie a donné son premier concert à 14 ans et chanté dans toute l’Europe pendant dix ans avant de travailler en maternité jusqu’en 2013. Elle est l’auteur de Chambre 2 (Belfond, 2013 ; Pocket, 2014), lauréat du prix du roman Fnac 2013, adapté au cinéma sous le titre Voir le jour, avec Sandrine Bonnaire. Chez Grasset, elle a publié Mon amour (2015 ; Pocket, 2017), Alice et les orties (2016) et Barbara, roman (2017 ; Pocket, 2019 ). Elle publie chez Albin Michel une série pour adolescents à succès, L’internat de l’île aux cigales et crée des spectacles musicaux pour les tout-petits.

Paru le 10 Mars 2021 / Format : 131 x 205 mm / Pages : 180 / EAN : 9782246826279 prix 18.00€ / EAN numérique : 9782246826286 prix 12.99€

Certains cœurs lâchent pour trois fois rien, Gilles Paris

Un récit à la fois intime et universel dans lequel l’auteur se livre sans concession

L’enfance, le départ du père et ce deuil impossible de l’amour par cette mère abandonnée à cinquante ans qui restera seule, à vivre dans le souvenir du mari volage toute sa vie. La relation au père, sa violence tant verbale que physique, les silences, la douleur du manque d’amour paternel et de reconnaissance.
Comment se construire sur autant de violence et aussi peu d’amour.

Un métier, attaché de presse, avec ses hauts et ses bas, mais toujours exercé par passion.
Des amours et des amants de passage puis la rencontre avec Laurent, mari, ami, amant, fidèle jusque dans la maladie, les crises, les dépressions. L’indispensable soutien depuis vingt ans.

Et ces dépressions qui ponctuent la vie d’années de silence, d’hospitalisation, de traitements, avant la lumière qui enfin apparaît à celui qui se tient là, sur un banc et soudain revit. Huit dépressions plus ou moins longues, pour lesquelles il est parfois difficile de guérir. Mais toujours une forme de lumière pour ce warrior qui va renaître à chaque crise de ses propres cendres pour le meilleur et pour la vie.

Un récit sans concession je l’ai dit, et surtout d’une grande sincérité. La violence de cette relation père fils est presque incompréhensible pour qui ne l’a pas vécue. On est admiratif face à l’énergie déployée pour s’en sortir malgré tout. Malgré les obstacles, les chutes, les aléas de la vie.

Si j’avais quelques hésitations à entrer dans ce récit, des dépressions ce n’est pas forcément vendeur à priori, je dois avouer que je n’ai pas du tout eu envie de le lâcher avant la fin. Il n’y a rien de morbide ou d’exhibitionniste dans ces révélations, mais au contraire une certaine pudeur à dire l’amour ou le désamour, une force aussi à parler de ses failles les plus intimes, de ses combats pour s’en sortir, qui rendent l’auteur encore plus attachant. Un récit à la fois intime et universel, tant il nous parle de lui et sans doute un peu de nous à travers lui.

Catalogue éditeur : Flammarion

Une dépression ne ressemble pas à une autre. Gilles Paris est tombé huit fois et, huit fois, s’est relevé. Dans ce récit où il ne s’épargne pas, l’auteur tente de comprendre l’origine de cette mélancolie qui l’a tenaillé pendant plus de trente ans. Une histoire de famille, un divorce, la violence du père. Il y a l’écriture aussi, qui soigne autant qu’elle appelle le vide après la publication de chacun de ses romans. Peut-être fallait-il cesser de se cacher derrière les personnages de fiction pour, enfin, connaître la délivrance. «Ce ne sont pas les épreuves qui comptent mais ce qu’on en fait », écrit-il. Avec ce témoignage tout en clair-obscur, en posant des mots sur sa souffrance, l’écrivain nous offre un récit à l’issue lumineuse. Parce qu’il n’existe pas d’ombre sans lumière. Il suffit de la trouver.

Paru le 27/01/2021 / 224 pages – 138 x 208 mm / ISBN : 9782081500945 / Prix : 19€

Le secret Hemingway, Brigitte Kernel

L’histoire méconnue de Grégory Gloria Hemingway, ou le secret Hemingway dévoilé avec pudeur et délicatesse par Brigitte Kernel

L’auteur présente avec beaucoup de réalisme et de délicatesse l’histoire du troisième fils du grand Ernest Hemingway, explicitant si besoin était la difficulté d’être soi et en même temps le fils de ce monstre de la littérature, coureur de jupons, ancien soldat, pêcheur au gros et compétiteur hors pair dans cette catégorie, entre autre, cette force de la nature adulée par les femmes et par ses  nombreux admirateurs, cet écrivain lauréat de tant de prix…

Celui qui s’appelait Gregory, marié trois fois, père de huit enfants et qui deviendra Gloria.

Si dans la lignée des Hemingway alcool et dépression, mais aussi pulsions suicidaires sont un fil rouge, Gregory/Gloria n’y coupera pas, et à tout cela s’ajoute cette difficulté à être lui ou elle, et à choisir puis assumer sa différence. Comment devient-on soi-même lorsque l’on a un père aussi célèbre ?  Mais aussi une vie multiple, des rêves et des désespoirs, celui d’avoir comme il lui a dit tant de fois, tué sa mère, tué son père, et de n’avoir pas pu finalement tuer plus tôt cet homme qui était dans son corps mais qu’il ne voulait pas être, qu’il ne pouvait pas être au plus profond de lui.

Habillé en fille jusqu’à l’âge de sept ans, attendu par son père comme une fille qui viendrait éclairer ses jours, a-t-il était totalement troublé par cette relation ou est-il réellement né dans le mauvais corps ? Si on peut se poser la question, c’est qu’il se l’est peut-être parfois posée. Pourtant il se sentait fille ce petit garçon appelé Gigi par son père, mais que celui-ci va emmener à la pêche, et faire des sports très masculins pour l’aguerrir. Il devient médecin et a fait médecine pour comprendre comment et pourquoi sa mère est morte.  Mais aussi pour savoir puis être en mesure de prendre des hormones et se traiter seul avant même de pouvoir imaginer se faire opérer pour réaliser et assumer son besoin d’être femme. Car il ne le fera qu’à 60 ans passés, soucieux de sa femme et de ses enfants, et son opération n’est même pas terminée lorsqu’il décède à la prison de femmes de Miami en 2001.

Lecture bouleversante que celle de ce roman qui nous interroge à la fois sur la famille, l’amour entre un père et son fils, l’amour dans le couple, mais aussi sur le genre et la difficulté d’être soi dans le corps d’un autre. C’est une véritable découverte. J’aime cette façon d’écrire, cette capacité qu’à l’auteur de se mettre à la place d’un personnage réel mais si romanesque en même temps. Alors oui, j’ai écouté Gloria me parler de Gregory et de sa famille avec beaucoup d’émotion, j’ai essayé de le comprendre et j’ai aimé les mots et l’écriture de Brigitte Kernel qui le fait revivre le temps de ce beau roman.

Catalogue éditeur : Flammarion

Ils ont dit que j’avais tué ma mère.
Puis ils ont dit que j’avais tué mon père.
Enfin, ils ont dit que chez nous, les Hemingway, de génération en génération, tout le monde se tuait.

Ce roman est une histoire vraie, celle de Gloria, née Gregory Hemingway (1931-2001).

Paru le 08/01/2020 / 320 pages / 137 x 210 mm / Prix : 19,00 € / ISBN : 9782081471894

Piaf, Fréhel, Damia et moi, par Livane

Allez venez Milord, vous assoir au théâtre de Dix heures pour écouter Piaf, Fréhel, Damia revisitées par Livane Revel

Dans cette salle intimiste du théâtre de Dix heures, Livane Revel nous régale pour un seule en scène d’une heure quinze avec sa voix et son jeu d’actrice. La mise en scène est de Xavier Berlioz.

Tour à tour, Piaf, Fréhel et Damia apparaissent dans le tour de chant, mais aussi et surtout dans les textes qui relient ces femmes entre elles, amour, passion pour leur métier ou pour leurs amants, mais aussi pour les drogues, enfance difficile, quelques pans de leurs vies s’égrènent devant nous. Livane tisse des liens entre elles, par leur métier ou leur façon d’appréhender l’amour, la drogue, le chagrin, non sans y ajouter quelques pointes d’humour qui rendent leurs préoccupations très contemporaines.

Livane y mêle sa vision actuelle, son expérience, et surtout sa voix et son dynamisme, qui disent la révolte ou la soumission, la passion encore, le chagrin, la douleur ou le doute de ces trois femmes indépendantes, ces artistes passionnées auxquelles elle a emprunté le répertoire. Elle modernise de façon presque naturelle ces chansons pour la plupart oubliées, pour d’autres reprises timidement par certains dans la salle, sur des rythmes décalés, rock ou réaliste.  

Livane a une très belle voix, un talent certain de comédienne et de musicienne – elle s’accompagne à la guitare sèche, la guitare électrique et me semble-t-il un ukulélé – et une vraie capacité à accrocher ses spectateurs (et je ne vous parle même pas du chocolat !). Elle dégage à la fois une grande simplicité et de l’émotion, et tisse un vrai lien avec son public. De quoi nous faire passer un excellent moment de divertissement par cette plongée singulière et attachante dans la vie de trois femmes qui furent en leur temps trois monstres sacrés de la chanson française.

Crédit photo : Paul Evrard

Piaf (1913/1963) artiste incontournable, éternelle amoureuse, droguée pour guérir ses douleurs et croyante convaincue. Elle sera accablée de douleur à la mort de Marcel Cerdan mais toujours prête à repartir pour son tour de chant.

Fréhel (1891/1951) née Marguerite Boulc’h à Trégastel, en Bretagne. Elle chante dès ses cinq ans dans les rues et les cafés. Elle a marqué l’entre-deux-guerres avec ses chansons réalistes. Elle a également été actrice, et a joué dans Pépé le Moko. Elle finit sa vie dans la misère.

Damia (1889/1978) de son vrai nom Marie-Louise Damien, était chanteuse, comédienne et danseuse. Celle que l’on nommait la tragédienne de la chanson, avec sa robe noire et son projecteur qui mettait ses mains et son visage en valeur, a laissé son empreinte après 50 ans de carrière, même si on l’a oubliée aujourd’hui. Imitée dans sa gestuelle par de nombreuses chanteuses, par Barbara ou Olivia Ruiz pour ne citer qu’elles.

 : au Théâtre de Dix Heures, 36, Boulevard de Clichy, 75018 Paris
Quand : Les Samedis à 16h jusqu’au 4 Janvier 2020

Taxi Curaçao, Stefan Brijs

Lire Taxi Curaçao, de Stefan Brijs, c’est entrevoir l’histoire des Caraïbes à travers trois générations d’hommes qui rêvent chacun à sa façon d’une vie meilleure, entre hier et aujourd’hui.

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Juillet 2001, pendant que Max s’envole à bord d’un avion vers les Pays-Bas, frère Daniel raconte la vie d’une famille sur trois générations, les vies de Max, de son père et de son fils Sonny.

Frère Daniel se souvient de ce premier jour d’école…Max Tromp, qui se voudrait discret, débarque à bord de la Dodge Matador flamboyante de son père. En ces années 60 sur l’ile de Curaçao, c’est la misère et la belle américaine impressionne même frère Daniel, le seul prêtre noir de l’île. Max s’avère être un bon élève, il souhaite étudier pour devenir instituteur. Il vit avec sa mère dans la bicoque misérable dénichée par son père pour les mettre à l’abri. Mais si son père l’a reconnu, il continue malgré tout à courir les femmes comme beaucoup d’hommes dans ces iles Caraïbes, il faut bien maintenir sa réputation.

Aidé par frère Daniel, Max poursuit des études jusqu’au jour où son père tombe malade. Là il doit se résoudre à prendre sa place à bord de la vielle Dodge Matador, les courses de nuits, les touristes à l’arrivée des bateaux, les travailleurs des chantiers, mais aussi la crise passent par-là, et les espoirs de vie meilleure fondent comme neige au soleil… Max épouse la jeune Lucia, après quelques difficultés, un garçon va naitre.

Adulé par sa mère, Sonny  n’en fait qu’à sa tête sur cette ile déjà pourrie par les trafics en tout genre. Cocaïne, mule transport de drogue entre les Pays-Bas et Curaçao, tout est bon pour sortir du cercle de la pauvreté, se faire quelques dollars et arborer les signes extérieurs de richesse de ces jeunes désespérés, Nike, chaine en or, vêtements de sport de luxe, portable collé à l’oreille, scooters… Car sur l’ile, la colonisation a laissé des traces et l’émancipation ne se fera pas dans la sérénité mais bien dans la violence, la corruption, l’illégalité.

A travers l’histoire de trois générations d’hommes et de femmes d’une même famille, l’auteur dépeint la tragédie de la colonisation, montre aussi le côté pervers de cette dernière, quand loin d’accepter les habitants natifs, ou immigrés, les colons ont tenté pendant de longues années de les soumettre à leur image.

Stefan Brijs  présente une vision intéressante de la situation de cette ile, car elle n’a rien d’angélique et semble tout à fait réaliste. Porté par une écriture sensible, le récit de frère Jean est juste et sans concession, son analyse semble objective et fidèle. Avec toujours cette question sous-jacente,  le destin est-il quelque chose d’inéluctable ou peut-on y échapper ? Que peut-on bâtir et de quoi est-on réellement maitre dans son existence, ici tout autant à l’échelle d’une vie qu’à celle d’un pays ? Voilà donc un excellent roman qui borde ces questions en montrant la difficulté, la violence parfois, mais toujours avec une lueur d’espoir et de foi en l’homme.

A savoir : Curaçao, qui forme avec Aruba et Bonaire les iles ABC, groupe d’îles des Petites Antilles appelé « îles Sous-le-Vent », est un État autonome au sein du royaume des Pays-Bas depuis la dissolution de la fédération des Antilles néerlandaises en 2010. La majorité de la population est d’origine africaine, descendante des esclaves noirs affranchis.

Photos de la rencontre organisée par Nathalie Iris, de la librairie Mots en marge, avec Stefan Brijs et Alain Jaspard Pleurer des rivières

Catalogue éditeur : Héloïse d’Ormesson

Curaçao, Caraïbes, 1961. Max Tromp débarque un matin dans la classe du frère Daniel à bord du taxi rutilant de son père. Du haut de ses 12 ans, c’est un gamin futé qui rêve de devenir instituteur. Mais dans cette île étranglée, il est vite rattrapé par son destin et n’a bientôt d’autre choix que de reprendre le volant de la Dodge Matador paternelle. Tandis que les années s’égrènent, Max, père à son tour, croit déjouer le sort quand son fils prend le chemin de l’école. Les Tromp parviendront-ils enfin à échapper à leur condition ?
À travers cette chronique sur trois générations, Taxi Curaçao dresse un portrait coup de poing d’un pays qui porte les stigmates de la colonisation et semble condamné à la corruption et à la pauvreté. Brijs, l’un des plus grands conteurs belges, livre un texte puissant, à la fois tendre et violent, qui ne cesse d’osciller entre amour et haine, culpabilité et rédemption.

Né en 1969 dans la province de Limbourg, Stefan Brijs s’est imposé comme l’un des géants de la scène littéraire flamande avec son premier roman, Le Faiseur d’anges, qui a été couronné par le Prix des lecteurs des Littératures européennes de Cognac en 2010 et le Prix littéraire des lycéens de l’Euregio en 2011.

Traduit du néerlandais (Belgique) par Daniel Cunin / 288 pages / 21€ / Paru le 23 août 2018 / ISBN : 978-2-35087-466-1 / Illustration © Roald Triebels, photo © Donald Lee

Par le vent pleuré. Ron Rash

Découvert en cette rentrée littéraire 2017 « Par le vent pleuré » le dernier roman de Ron Rash a tous les codes du thriller et l’écriture d’un roman classique.

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Dès les premières pages, les ossements d’une jeune femme disparue depuis de très nombreuses années viennent de refaire surface,  mettant également au jour les ressentiments, les mensonges, les faux-semblants qui ont perturbé la vie d‘une famille entière. Même si l’enquête policière n’est pas prégnante, c’est bien une intrigue qui se dévoile au fil des pages, au fil des échanges, et que l’on découvre avec les personnages principaux, les deux frères Bill et Eugène.

Élevés  par leur mère suite au décès accidentel de leur père, mais surtout ayant subi une éducation fortement orientée par un grand-père tout puissant à qui rien de résiste, pas même sa belle-fille, les destins de ces deux jeunes hommes ont pris des tours bien différents.

Bill , l’ainé, le sage, le protecteur, le scientifique, est aujourd’hui un chirurgien reconnu pour son admirable maîtrise professionnelle, y compris lors des situations les plus difficiles et les plus désespérées, et pour son dévouement.

Eugène, le plus jeune, a au contraire raté sa vie, plongeant inexorablement dans l’alcool, ce compagnon des mauvais jours qui a éloigné de lui sa femme et sa fille.

La plus grande partie de l’intrigue se déroule pendant l’été 69, à cette époque les jeunes ont déjà gouté aux dogues légères, une grande liberté règne auprès d’une certaine jeunesse libérée, et Ligeia, cette jeune femme qu’ils rencontrent alors qu’ils sont à la pêche, n’est pas en reste. Chaque jour pendant quelques semaines, ils vont la retrouver, partager avec elle des moments de liberté, jusqu’au jour où elle disparait.

L’auteur se plait à dévoiler les caractères, les subtilités des échanges entre les deux frères et leur relation au grand-père, ainsi que la relation de celui-ci avec tous ceux qu’il a tenu sous sa coupe pendant de si longues années. De flash-back en retour au présent, Ron Rash distille une ambiance malsaine et une tension à la fois dans l’intrigue et dans la psychologie de ses personnages. La domination d’un grand-père tout puissant, les erreurs ou les hésitations de l’adolescence, les folies de la jeunesse, tout nous donne envie de vite en découvrir la fin. Qui plus est, l’auteur nous entraine dans des paysages des États Unis qu’apparemment il connait bien, donnant une dimension supplémentaire à son intrigue.

💙💙💙💙


Catalogue éditeur : Seuil

Traduit par : Isabelle Reinharez

Dans une petite ville paisible au cœur des Appalaches, la rivière vient de déposer sur la grève une poignée d’ossements, ayant appartenu à une jeune femme. Elle s’appelait Ligeia, et personne n’avait plus entendu parler d’elle depuis un demi-siècle.

1967 : le summer of love. Ligeia débarque de Floride avec l’insouciance et la sensualité de sa jeunesse, avide de plaisirs et de liberté. C’est l’époque des communautés hippies, du Vietnam, de la drogue, du sexe et du Grateful Dead. Deux frères, Bill et Eugene, qui vivent bien loin de ces révolutions, sous la coupe d’un grand-père tyrannique et conservateur, vont se laisser séduire par Ligeia la sirène et emporter dans le tourbillon des tentations. Le temps d’une saison, la jeune fille bouleversera de fond en comble leur relation, leur vision du monde, et scellera à jamais leur destin – avant de disparaître aussi subitement qu’elle était apparue.

À son macabre retour, les deux frères vont devoir rendre des comptes au fantôme de leur passé, et à leur propre conscience, rejouant sur fond de paysages grandioses l’éternelle confrontation d’Abel et de Caïn.

Date de parution 17/08/2017 / 19.50 € TTC / 208 pages / EAN 9782021338553

Îles Flottantes. Jean-Luc Cattacin

D’une île à l’autre, Jean-Luc Cattacin entraine son lecteur dans un été de bord de mer, d’enfance et d’amitié finissants, avec poésie et une grande délicatesse.

DomiCLire_iles_flottantes_jean_luc_cattacin.jpgSur une ile, pendant l’été. Tout commence par une visite à la brocante du village. Comme tous les ans, Rouquin va chiner avec son père pendant que la maisonnée s’éveille doucement. Cette année, il n’a trouvé qu’une étrange planchette de bois ornée de signes mystérieux qui semble venir tout droit de l’île de Pâques.

L’envie de comprendre, l’envie aussi de faire autre chose, et le voilà parti vers la bibliothèque du village pour chercher quelques pistes. Là il fait la rencontre de la bibliothécaire, apparemment  spécialiste de l’île de Pâques, et tombe sous le charme. Élisabeth a la silhouette fine, la peau couleur caramel et de doux yeux qui le font rêver.

Sur l’île, les parents et la famille partent quelques jours. Pour qu’il ne reste pas seul, Ficelle son inséparable copain de toujours, vient le retrouver pour quelques jours de liberté.
Et de la liberté, il y en a ! Car depuis cet été où Ficelle a travaillé à l’usine, il a pris goût aux douces vapeurs du chanvre indien, mais pas seulement… Et Ficelle essaie tout ce qui peut se fumer, enfin, tout ce qui peut le faire rêver, planer, lui qui n’a qu’une seule  ambition : devenir planificateur, ou fumiste, c’est selon…

Avec son écriture très personnelle, en particulier dans sa façon de rythmer ses phrases d’une ponctuation très singulière, Jean-Luc Cattacin nous embarque à la suite de ses personnages. Dans cet été de bord de mer et sur cette île où chacun a ses habitudes année après année, mais où Rouquin s’éveille à l’amour, où Ficelle plonge dans une pente vertigineuse vers la drogue, les vols et qui sait peut-être la violence, vers une chute inéluctable que même l’amitié ne saurait enrayer. Mais surtout, tel un peintre qui ferait naître les paysages sous nos yeux, il nous entraine dans une palette de couleurs, de fleurs, d’odeurs, d’embruns, avec une écriture d’une poésie sans pareille. De longues descriptions, des couleurs, des parfums, des mots qui parlent à notre imaginaire et nous emportent dans la folie de Ficelle, dans les pas de Rouquin, de madame Verte ou d’Élisabeth, sur la plage des Belles ou du côté des dunes. Il nous imprègne de cette nostalgie qui a comme un parfum d’enfance qui se termine, d’été qui s’achève. Petit regret, cette impression que l’intrigue aurait pu être plus étoffée, plus aboutie peut-être, mais elle est cependant portée par une écriture si poétique et imagée que ces « Îles Flottantes » vont ravir le lecteur.

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Catalogue éditeur : Phébus

Tout a commencé sur l’île où je passe mes vacances. Pour une bouchée de pain, j’achète une étrange tablette de bois. En voulant comprendre les signes gravés sur ses flancs, je rencontre Elizabeth. Il s’agit d’une écriture, me dit-elle : le rongo-rongo de l’île de Pâques.
Plages immenses et sentiers dans la forêt, odeur de l’océan et des immortelles, corps alanguis au soleil : un bel été commence.
Mais voilà, mon ami Ficelle doit me rejoindre dans la grande maison sur la dune. Ficelle et ses très mauvaises habitudes. Ficelle, à qui rien ne fait peur. Le genre de garçon qui change le cours de l’histoire.

Date de parution : 17/08/2017 / Format : 14 x 20,5 cm, 176 p., 16,00 EUR € / ISBN 978-2-7529-1128-5

 

Peggy dans les phares ; Peggy Roche et Françoise Sagan, vingt ans d’amour fou. Marie-Eve Lacasse

Écrire un premier roman sur un personnage aussi célèbre que Françoise Sagan tout en prenant le contre-pied de tout ce qui a été dit jusqu’à présent est un drôle de pari… Marie-Eve Lacasse lève une part d’ombre dans la biographie de Peggy, le grand amour de Sagan.

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On connait Françoise Sagan pour ses talents d’écrivain, son goût pour les hommes autant que pour les femmes, sa propension à prendre quelques drogues fortes sur ordonnance, à la suite d’un grave accident de la route, elle qui cependant a toujours continué à rouler à tombeau ouvert sur les routes de France, cigarette aux lèvres, sans soucis de limitation de vitesse, allant d’une région à l’autre, d’une maison à l’autre, d’un mari ou d’une amante à l’autre. On connait aussi plus ou moins son goût pour l’alcool et les fêtes qui durent toute la nuit, ses différents maris, ce fils qu’elle a certainement aimé sans trop savoir comment en être la mère. Personnage décalé pour son temps, elle a vécu pendant plus de vingt ans un amour fou avec Peggy Roche, mannequin, puis styliste pour le magazine Elle. Peggy de l’ombre, de la constance, Peggy qui allégeait et qui embellissait son quotidien, aménageant et décorant ses maisons, préparant ses vêtements pour les interviews, le dîner pour les amis innombrables qui venaient squatter ses différentes demeures, à Paris ou en province.

Avec Peggy dans les phares, j’ai découvert une Peggy avant-gardiste, créant de belles lignes de vêtements dans des tissus et des tons hors du temps- il n’y a qu’à regarder quelques photos pour retrouver son élégance jusque dans les couleurs, les coupes, les tissus. C’était l’époque de toutes les folies, les jeunes sortaient d’une guerre qu’ils souhaitaient absolument occulter et oublier. Il fallait vivre à fond, la vitesse en voiture, mais aussi chaque nuit jusqu’à pas d’heure les boites de nuit, l’alcool qui coule à flot, les cigarettes qui débordent des cendriers, la drogue aussi, pour atténuer les douleurs, mais pas seulement. Il y a enfin dans ces vies là une forme de solidarité avec les autres, les copains, les sans le sous, ceux que le succès a fui mais pas les amis, hébergés par Sagan, par Peggy.

Peggy, deux fois mariée, certainement mal aimée par une mère trop égoïste pour s’occuper et donner ce qu’il fallait à sa fille pour la rendre heureuse, Peggy qui aime Sagan au point d’accepter de vivre dans l’ombre de cet amour qu’elle ne vivra jamais réellement au grand jour.

Certes, par moments je me suis sentie un peu perdue dans les chapitres, ne sachant plus trop à quelle époque ils se situaient, car on passe de 1980, 95, 85, etc. sans toujours savoir où l’on évolue. Même si l’en-tête des chapitres indique le plus souvent au lecteur dans quelle époque différente il se situe : échange entre Peggy et Françoise, retour en arrière, pensées de Peggy, etc. Du coup il m’a semblé qu’il manquait parfois un peu de rythme, mais c’est malgré tout une découverte intéressante, celle qui nous place au cœur de la relation amoureuse entre Peggy Roche, mannequin styliste, et Françoise Sagan, écrivain qu’il n’est plus vraiment nécessaire de présenter.

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Catalogue éditeur : Flammarion

Un portrait de Peggy Roche, mannequin, styliste, journaliste de mode, marié à un grand résistant puis à Claude Brasseur avant de devenir la compagne de Françoise Sagan. Respectée et crainte dans le milieu de la mode, elle vivait dans l’ombre de la romancière qui lui imposait une discrétion absolue sur leur relation. La mort de Peggy Roche en 1991 fut pour celle-ci une cassure irréparable.

Littérature française / Collection : Littérature française / Parution : 04/01/2017 / Format : 13.5x21x0 cm / Prix : 18,00 € / EAN : 9782081374683